
Trouver un médecin généraliste disponible, proche de chez soi, qui accepte de nouveaux patients : pour des milliers de Lissois, ce qui devrait être une évidence est devenu un vrai parcours du combattant. Lisses, commune de l’Essonne (91090), fait face à une réalité que de nombreux habitants connaissent bien trop : le désert médical. Une situation officiellement reconnue par les autorités sanitaires, qui s’aggrave en 2026, mais face à laquelle la ville ne reste pas les bras croisés.
Ce n’est pas une impression : Lisses est officiellement classée en zone déficitaire par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France. Le zonage médecins, mis à jour en décembre 2025 et publié par arrêté le 9 mai 2025, place la commune parmi les territoires en tension où l’accès aux soins de premier recours est insuffisant.
À l’échelle de l’Essonne, le constat est sans appel. Le département se situe parmi les plus touchés de France métropolitaine, avec seulement 6,1 médecins généralistes pour 1 000 habitants — bien en dessous des moyennes nationales. Pire encore : 66 % des habitants de l’Essonne déclarent rencontrer des difficultés pour consulter un médecin généraliste, selon le baromètre « Les Franciliens et leur santé » publié par l’ARS en décembre 2024. C’est l’un des taux les plus élevés d’Île-de-France.
📊 86,7 % – Part de la population francilienne vivant dans un territoire à accès aux soins difficile
L’Île-de-France est, rappelons-le, le premier désert médical de France métropolitaine. Et au sein de cette région, l’Essonne figure parmi les départements les plus fragilisés, aux côtés de la Seine-et-Marne.
“85 % du territoire de l’Essonne est classé en zone d’intervention prioritaire par l’ARS”
— Le Parisien
La situation à Lisses est particulièrement préoccupante. La commune ne recense officiellement qu’un à deux médecins généralistes en exercice sur son territoire :
| Médecin | Situation actuelle |
|---|---|
| Dr Jean-Pierre Batard | Départ à la retraite en cours |
| Dr Marie-Catherine TA | Cessation d’activité prévue le 26 juin 2026, remplacement par Dr Belouaer et Dr Belouidiane |
| Dr Dinh Viet Hung | En exercice (quartier Marie Roche) |
Le départ à la retraite du Dr Batard, l’un des piliers de la médecine générale locale, cristallise toutes les inquiétudes. Sa patientèle se retrouve sans médecin traitant attitré, et les autres praticiens de la commune n’ont pas la capacité d’absorber l’afflux de nouveaux patients. Le Dr TA, qui assurait partiellement la transition en acceptant les anciens patients du Dr Batard, cessera elle-même son activité à l’été 2026.
« Afin de remplacer le Docteur Batard qui part à la retraite et de pallier ce manque, la Municipalité pratique une politique de santé proactive au-delà de ses prérogatives. »
— Ville de Lisses, site officiel
La tendance de fond est alarmante. En cinq ans, l’Essonne a perdu 34 médecins généralistes, portant la pression sur ceux qui restent à un niveau insoutenable. Le département compte aujourd’hui environ un médecin pour près de 2 000 patients. Et la vague de départs à la retraite n’est pas terminée : près d’un médecin sur deux a plus de 60 ans dans le département.
Pour les habitants de Lisses, cela se traduit concrètement par :
📊 34 – Médecins généralistes perdus par l’Essonne en cinq ans
Face à cette situation, la municipalité de Lisses ne reste pas inactive. Plusieurs actions concrètes ont été engagées, certaines déjà abouties, d’autres en cours de réalisation.
La création d’une Maison de Santé Pluridisciplinaire est inscrite dans le nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) de Lisses. Ce type de structure, qui regroupe sous un même toit médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes et autres professionnels de santé, a fait ses preuves dans d’autres communes de l’Essonne pour attirer et fidéliser des praticiens.
L’idée est simple : en offrant un cadre d’exercice moderne, collectif et bien équipé, la MSP rend l’installation bien plus attractive pour de jeunes médecins qui, souvent, préfèrent l’exercice en groupe à la solitude du cabinet individuel.
Lisses a rejoint la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS) de Centre-Essonne. Le maire et le conseiller municipal délégué à la santé ont rencontré l’ensemble des médecins de la ville dans ce cadre, pour échanger sur les solutions à apporter collectivement. La CPTS permet de coordonner l’offre médicale à l’échelle du territoire, de faciliter les parcours de soins et d’organiser la continuité des prises en charge.
La ville s’est également engagée dans un Contrat Local de Santé (CLS) avec les communes de Villabé et Bondoufle, pour fédérer les actions et proposer des réponses complémentaires à l’échelle intercommunale.
L’une des mesures les plus originales : la ville a décidé d’acquérir une maison individuelle pour la mettre à disposition d’un nouveau médecin généraliste. En offrant non seulement un local professionnel mais aussi une solution de logement, Lisses cherche à lever l’un des freins majeurs à l’installation : le coût et la complexité de s’installer dans une nouvelle commune.
Le Conseil départemental de l’Essonne propose une bourse de 6 600 € nets non imposables (soit 555 € par mois) aux étudiants en troisième cycle de médecine. En contrepartie, le bénéficiaire s’engage à s’installer en Essonne, dans un territoire identifié comme déficitaire par l’ARS, pour une durée minimale de cinq ans après l’obtention de son diplôme. Cette bourse est également ouverte aux autres spécialités de santé.
Les dossiers sont à déposer avant le 31 décembre à l’adresse : etudiants-sante@cd-essonne.fr
| Dispositif | Montant / Nature | Condition |
|---|---|---|
| Bourse départementale Essonne | 6 600 € nets (555 €/mois) | Installation 5 ans en zone déficitaire |
| Contrat d’aide à l’installation (CAIM) | 50 000 € | Zone ZIP, via Assurance Maladie |
| Bonus ruralité Région Île-de-France | Jusqu’à 10 000 € | Zones très déficitaires |
| Prêt Santé Initiative | Jusqu’à 50 000 € (taux zéro) | Ouverture ou reprise de cabinet |
📊 6 600 € nets – Montant de la bourse départementale pour les étudiants en médecine s’installant en Essonne
En attendant que les projets de long terme portent leurs fruits, la télémédecine s’impose comme un filet de sécurité précieux pour les habitants de Lisses sans médecin traitant.
En janvier 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé lors des Assises de la télémédecine un assouplissement du plafond de 20 % de téléconsultations par médecin, notamment pour mieux desservir les personnes vivant dans des territoires sous-denses. Une réforme pensée directement pour des situations comme celle de Lisses.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 14 millions de téléconsultations ont été réalisées en France en 2025. Et 21 % des usagers déclarent avoir évité un passage aux urgences grâce à ce dispositif.
Concrètement, pour les Lissois, la téléconsultation permet de :
Plusieurs plateformes proposent des téléconsultations remboursées par l’Assurance Maladie, comme Qare, Medadom ou MédecinDirect. La téléconsultation est remboursée à 70 % par la Sécurité sociale lorsqu’elle est réalisée dans le cadre du parcours de soins avec un médecin conventionné, le reste pouvant être pris en charge par votre mutuelle.
Important : La télémédecine ne remplace pas un suivi médical de proximité. Elle constitue un complément utile, notamment pour les soins non programmés, mais ne peut se substituer à un médecin traitant pour un suivi au long cours.
Si vous êtes habitant de Lisses et que vous vous retrouvez sans médecin traitant, voici les démarches à suivre :
📊 66 % des habitants de l’Essonne déclarent avoir des difficultés pour consulter un médecin généraliste (Source : Baromètre ARS Île-de-France, décembre 2024)
💡 6 600 € de bourse nette proposée par le Conseil Départemental de l’Essonne aux étudiants en médecine qui s’engagent à s’installer en zone déficitaire pendant 5 ans (Source : CD Essonne)
🏥 86,7 % de la population francilienne vit dans un territoire où l’accès aux soins est difficile ou l’offre insuffisante (Source : ARS Île-de-France, zonage décembre 2025)
📉 34 médecins généralistes perdus par l’Essonne en cinq ans, portant le ratio à 1 médecin pour près de 2 000 patients (Source : Le Parisien, 2023)
Oui. Lisses est classée en zone déficitaire par l’ARS Île-de-France dans le cadre du zonage médecins 2025 (arrêté du 9 mai 2025, mis à jour en décembre 2025). Cela signifie que la commune est officiellement reconnue comme un territoire où l’accès aux soins de premier recours est insuffisant, ce qui ouvre droit à des aides à l’installation pour les médecins qui souhaiteraient s’y établir.
La commune compte 1 à 2 médecins généralistes en activité. Le Dr Batard est parti à la retraite, et le Dr Marie-Catherine TA cessera son activité en juin 2026 (remplacée par les Dr Belouaer et Dr Belouidiane). Le Dr Dinh Viet Hung exerce dans le quartier de Marie Roche. La situation reste donc très tendue pour une commune de plusieurs milliers d’habitants.
Il s’agit d’un projet inscrit dans le nouveau PLU (Plan Local d’Urbanisme) de Lisses. Une Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP) regroupe sous un même toit plusieurs professionnels de santé libéraux : médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, etc. Ce modèle est reconnu comme l’un des plus efficaces pour attirer de jeunes praticiens qui préfèrent l’exercice en groupe, et pour garantir une continuité des soins à la population.
La téléconsultation permet de consulter un médecin par vidéo, sans se déplacer, souvent le jour même. Elle est remboursée par l’Assurance Maladie à 70 % (et souvent à 100 % avec une mutuelle complémentaire) pour les pathologies courantes. Depuis janvier 2026, le gouvernement a assoupli les règles pour faciliter son accès dans les zones sous-denses comme Lisses. Des plateformes comme Qare, Medadom ou MédecinDirect proposent ce service.
Plusieurs dispositifs s’additionnent : la bourse départementale de 6 600 € du Conseil de l’Essonne pour les étudiants en 3e cycle, le contrat d’aide à l’installation (CAIM) de 50 000 € de l’Assurance Maladie, un bonus ruralité de 10 000 € de la Région Île-de-France, et un prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 € via Initiative Île-de-France. La ville de Lisses ajoute à cela la mise à disposition d’un logement et d’un local professionnel pour rendre l’installation encore plus attractive.